En el metro, no queda huella de la pantalla de incomodidad que entorpece habitualmente los gestos de los pasajeros. Los desconocidos se hablan, ya no se abordan. Un grupo que delibera en la esquina de una calle. Reuniones más amplias en las avenidas que discuten gravemente. Los asaltos se responden de una ciudad a otra ciudad, de un día a otro día. Un nuevo cuartel ha sido saqueado y después incendiado. Los habitantes de una residencia han dejado de vivir de las subvenciones del ayuntamiento : ahora viven en el ayuntamiento. En un acceso de lucidez, un manager acaba de dejar fríos, en plena reunión, a un puñado de colegas. Los archivos que contenían la dirección personal de todos los policías y gendarmes así como de los empleados de la administración penitenciaria han desaparecido, arrrastrando una ola sin precedentes de traslados precipitados. En la antigua tienda-bar del pueblo, cada cual aporta el excedente que produce y se procura de lo que le falta. Nos reunimos también para discutir acerca de la situación general y del material necesario para el taller mecánico. La radio mantiene a los insurrectos informados de la retirada de las fuerzas gubernamentales. Una granada acaba de destrozar los muros de la prisión de Clairvaux. Imposible decir si es un mes o varios años los transcurridos desde que los « acontecimientos » comenzaron. El Primer ministro hace llamadas a la calma que ya no parecen dirigirse a nadie.

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L’insurrection qui vient

Comité invisible

Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d’un désastre. Les psychologues attestent d’inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d’une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l’acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l’implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d’une vague de cynisme de masse ; à tel point que l’on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l’existence même d’une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l’« économie non autistique » - qui s’attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l’écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d’une « solution » ou, à défaut, d’une « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d’un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l’époque, l’incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d’une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l’étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L’insurrection qui vient tâche d’arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu’elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s’élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l’économie, l’urbain, l’environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l’époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l’ordre existant. Et l’enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d’exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L’insurrection qui vient nous sort de trente ans où l’on n’aura cessé de rabâcher que « l’on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu’est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l’enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n’est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l’on peut en dire ici, c’est qu’elle tourne autour de l’appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l’économie et de l’anéantissement des forces de police.

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Contre L'E.D.N. /
Contribution à une critique du situationnisme
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...la Tiqqounnerie

Órgano consciente del Partido Imaginario